But des éditions Ligne éditoriale Distribution Media fondamental


But des Editions

Fondées en 1984, les Éditions des Béatitudes sont un apostolat de la
Communauté catholique des Béatitudes.

La Communauté des Béatitudes est une communauté de vie et de prière qui fait partie des « Communautés Nouvelles » nées dans l’Eglise Catholique après le Concile Vatican II. Fondée par deux couples, elle regroupe actuellement plus de 1500 personnes réparties dans 74 maisons à travers le monde.
Vie contemplative et apostolique forment les deux facettes d’un même désir de se consacrer à Dieu au cœur de l’Eglise. Tous les états de vie y sont représentés : couples et familles avec enfants, frères et sœurs célibataires, célibataires consacrés dans le célibat, diacres et prêtres. La vie fraternelle est centrée sur l’Eucharistie, l’adoration du Saint Sacrement et les offices liturgiques.


La Communauté des Béatitudes est née en 1973. Elle a créé sa propre structure d’édition une dizaine d’année après, à un moment où la dimension apostolique s’est développée en son sein, et comme un aspect de son rayonnement dans l’Eglise et dans la culture contemporaine.

Les éditions sont sous la responsabilité de la Communauté mais sont ouvertes à des auteurs qui n’en sont pas membres.
Elles souhaitent être un espace ouvert où puisse s’exprimer la richesse, la vitalité, la beauté de ce qui est vécu aujourd’hui dans l’Eglise.


Charles de Foucauld

« En consacrant chaque jour un certain temps à la lecture, à des lectures bien choisies, vous ne tarderez certainement pas à être beaucoup plus contents de vous même et à vous sentir affermis, encouragé, plus fort, plus paisible, plus plein de foi d’espérance et de charité, plus heureux, heureux du bonheur intérieur que Dieu donne aux âmes de bonne volonté ».


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Ligne éditoriale et collections

Le but des éditions ?
  • Faire connaître et partager l’expérience spirituelle vécue dans les communautés nouvelles et nouveaux mouvements ecclésiaux ;
  • Former et nourrir la vie de prière et de foi des chrétiens d’aujourd’hui et les aider à grandir dans l’intimité avec Jésus-Christ et dans la sainteté ;
  • Contribuer à la Nouvelle Evangélisation, en éditant des livres accessibles au plus grand nombre dans la fidélité à la Parole de Dieu et à l’enseignement de l’Eglise.

    Les éditions éditent essentiellement des livres accessibles à tous, sur les thèmes principaux de la spiritualité chrétienne. Dans le site, ils sont regroupés par thèmes : prière et méditation, vie dans l’Esprit, couple et famille, vie communautaire et vie consacrées, jeunes, etc ...

    Certains livres sont édités dans des collections spécifiques :

    Les collections

    Les Petits Traités spirituels

    Cette collection propose des livres assez courts, chacun abordant un thème précis et donnant l’essentiel de la foi sur ce thème.

    Ils sont regroupés en trois séries :

    ·        Spiritualité

    ·        Bonheur chrétien

    ·        Renouveau et charismes

    Dans un langage simple et accessible à tous, ils font le point sur un sujet et offrent de nombreux conseils pratiques pour avancer dans la vie spirituelle.

    Grâce à leur petit format ils se glissent facilement dans la poche et sont ainsi un compagnon de route idéal.

    Collection Pneumathèque

    Elle regroupe des ouvrage qui expriment la grâce propre et la spiritualité du Renouveau Charismatique telles qu’elles sont vécues dans les groupes de prière et les Communautés nouvelles, tant dans l’Eglise Catholique que dans d’autres confessions chrétiennes.

    Collection Le Verbe de Vie

    Elle regroupe des ouvrages proposés par une autre communauté nouvelle, la Communauté du Verbe de Vie.


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    Distribution et dimension internationale

  • En France, Belgique, Suisse, Canada et autres pays francophones les livres sont distribués dans toutes les librairies religieuses et dans certaines grandes surfaces et FNAC.

  • Une maison de sœurs contemplatives de la Communauté a mis en place un service de vente par correspondance aux particulier (Logos Diffusion-Préville-21600 Ouges) et une librairie en ligne www.Logos-beatitudes.com

  • Des contacts réguliers sont entretenus avec des éditeurs de tous les continents pour l’édition de nos livres en différentes langues (plus de 650 titres édités à l’étranger en 2003). Les personnes qui voudraient savoir si tel livre est traduit dans telle langue peuvent nous contacter.


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    Le livre, média fondamental

     

    Cardinal Poupard

    Président du Conseil Pontifical pour la Culture

    Malgré toutes les inventions modernes, le livre demeure un moyen de communication "fondamental

    Pour la culture, et en dépit de tous les "prophètes de malheur", le livre, malgré toutes les inventions modernes comme la radio, la télévision, Internet, les CD, les cassettes, demeure fondamental.

    Plus que tous les autres, en effet, il "permet la réflexion". On le lit, on peut revenir sur tel ou tel point, approfondir ses connaissances et sa réflexion.

    Le livre religieux a un rayonnement très large, à commencer par la Bible - best-seller mondial - en passant par les ouvrages théologiques, spirituels, liturgiques, et par "tout ce qui permet d'explorer les richesses infinies du mystère chrétien": projets pastoraux, moyens de catéchèse, recherches philosophiques, études sociales, œuvres littéraires, etc….

    Il rend témoignage à la vitalité de la foi de l'Eglise, et contribue en même temps à l'avènement d'un "nouvel humanisme". Il nourrit non seulement la culture religieuse mais la culture en général, et permet de faire partager nos convictions sur l'homme, la femme, la famille, le travail, l'économie, la société, la politique, la vie internationale, la nature, l'environnement, et surtout sur Dieu, qui en est "la source et le fondement".

    (lors de l’inauguration de la Biennale du livre religieux au Centre culturel Saint-Louis de France, Rome, 2001)

     

    Le livre et l’évangélisation.

     

    Nous reproduisons ci dessous un article de Claude Brenti, Directeur des Editions des Béatitudes paru dans la revue Troas en Nov 2001.

     

    Il est commun de souligner l’importance des lectures dans la vie spirituelle. Jean-Paul II l’a rappelé récemment en écrivant : « Il est nécessaire que l’écoute de la parole devienne une rencontre vitale selon l’antique et toujours actuelle pratique de la lectio divina[1] ». Thérèse d’Avila avait déjà souligné que « la lecture, si courte soit-elle est d’un très grand secours pour arriver à se recueillir[2] ». Le père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus ajoute : « la lecture fournit à l’oraison son aliment »[3].

    Mais le livre de spiritualité n’a-t-il un rôle à jouer que dans la vie intérieure et personnelle du chrétien. Ne continue-t-il pas, aujourd’hui comme hier, à être un outil missionnaire précieux au service de la Nouvelle Evangélisation ?

    Jésus et le livre

    Le premier, dans l’histoire chrétienne, à utiliser un livre pour son activité missionnaire, c’est Jésus lui-même. A Nazareth, il inaugure sa prédication en prenant un livre en lisant un passage du prophète Isaïe qu’il « trouve » et qu’il commente (Luc 4,16-20).

    Beaucoup de missionnaires garderont cette pratique de prêcher « bible en main » pour s’y référer régulièrement et souligner que leur parole n’est pas leur opinion personnelle mais s’appuie sur la Vérité révélée inscrite dans un livre.

    C’est, d’une certaine façon, ce que Dieu avait déjà demandé à Moïse quand Il écrivit sur des tables de pierre les paroles de l’alliance, les dix paroles. Ainsi Dieu faisait connaître sa Loi, sa volonté, non par une simple parole d’homme, fut-elle inspirée comme celle d’un prophète, mais en la gravant dans la pierre, pour que le Peuple puisse la garder, la mettre en pratique dans sa vie quotidienne, pour qu’elle soit une référence, un guide, un pédagogue dira le psaume 119.

    Jésus lui même n’a pas écrit. Sauf une fois, sur le sol, avec son doigt, quand les scribes et les pharisiens lui demandèrent s’ils devaient lapider une femme prise en flagrant délit d’adultère. Le sens de ce geste reste obscur mais le message de Jésus ne l’est pas. En effet, le seul moment où Jésus « écrit », c’est dans un contexte où il invite au pardon gratuit, à la miséricorde, et à la conversion. C’est le cœur du message évangélique. C’est le centre de toute la littérature chrétienne.

    Une rencontre vitale

    Dans le texte cité plus haut, Jean-Paul II précise que la lecture méditée de la Parole de Dieu permet une rencontre vitale.

    Plusieurs saints ont fait cette expérience, qui sera à l’origine de leur conversion et de leur vocation tout quitter pour « suivre Jésus » et annoncer sa Parole : saint Antoine, le père des moine, entrant dans une église entendit la lecture de l’Evangile et prit comme adressées à lui même ces paroles : « Va, vends ce que tu as, donne le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; viens, suis-moi ». St Augustin entendit une voix qui lui disait « prends, lis ! » Il ouvrit une bible et tomba sur le texte : « Ne vivez pas dans les festins, les débauches,… mais revêtez vous de Notre Seigneur Jésus-Christ » (Rom 13,14). « A peine ces lignes achevées, il se répandit dans mon cœur une lumière qui dissipa les ténèbres de mon amertume[4] » écrira-t-il dans ses confessions. Thérèse de Lisieux fit aussi une expérience très forte en ouvrant la bible « au hasard » alors qu’elle se demandait quelle était sa vocation. Elle tomba sur l’hymne à la charité chez St Paul (I Cor 13) et compris que sa vocation était d’être l’Amour au cœur de l’Eglise[5]. Plus récemment on peut citer Edith Stein qui prenant un livre au hasard dans la bibliothèque d’amis chez qui elle était, tomba sur la vie de Thérèse d’Avila écrite par elle même. « Je commençai à le lire, aussitôt je fus captivée et ne pus m’arrêter avant de l’avoir achevé. Quand je fermai le livre, je me dis : c’est la vérité [6] » On sait qu’Edith Stein, lut ce livre toute une nuit, que le matin elle se serait procuré un missel et un catéchisme et aurait commencé seule son instruction. C’est à la suite de cette expérience que la philosophe juive demanda à être baptisée.

    Aujourd’hui encore le livre chrétien reste un canal privilégié de la grâce par lequel le Seigneur vient toucher le cœur de l’homme et lui révéler son amour.

    Le livre a cette qualité particulière de véhiculer la parole qu’il contient en rejoignant chacun personnellement. Il s’introduit là où la prédication orale est difficile ou interdite. Il atteint des personnes qui n’entrent jamais dans une église. Il franchit les frontières linguistiques quand il est traduit.

    Un livre va partout

    Nous sommes toujours étonnés de recevoir des témoignages qui nous montrent jusqu’où va un livre et le bien qu’il peut faire. Par exemple quand une femme nous a écrit d’un pays musulmans pour nous dire le bien que fait le livre de Jo Croissant : « la femme ou le sacerdoce du cœur »[7]. Dans les débuts de notre activité d’édition, nous avons été encouragés par le témoignage suivant : un jeune agriculteur père de plusieurs enfants venait de perdre sa femme décédée d’une maladie. Il se retrouvait seul, devant élever ses enfants et gérer son exploitation. La seule chose qui le faisait tenir était de lire, seul, le soir, des passage du « Chemin de Croix » d’Ephraïm[8].

    Un livre rejoint une personne dans son intimité, tel le « livre de chevet » qui est souvent le dernier compagnon de celui qui s’endort. Il peut être feuilleté pour donner une impression d’ensemble, consulté sur un sujet particulier, ou encore médité d’une façon approfondie comme le faisait ce rabbin très érudit qui restait longuement sur la même page, parce qu’elle continuait à lui parler, au grand étonnement de ses élèves qui croyaient qu’il s’assoupissait. Certains livres de témoignages, tel « la Croix et le Poignard » du pasteur David Wilkerson[9], sont à l’origine d’un nombre impressionnant de conversions simplement par le récit de la rencontre personnelle avec Jésus que fit cet homme et qui fut à l’origine de sa mission auprès de drogués à New-York.

    Aujourd’hui l’on prend davantage conscience que chaque chrétien doit être missionnaire. On peut l’être en offrant un livre ou une Bible comme le font nos frères protestant à tous les couples qui se marient et comme le préconise Jean Paul II en écrivant : « il faut diffuser le livre de la Bible dans les familles[10] », ou encore en diffusant un simple évangile[11], qui touchera peut être les cœurs comme le fut celui de Saint Augustin quand il entendit « Prends et lis ». Car « Vivante est la Parole de Dieu » (Hébreu 4,12).

     

     

    "Retrouver le temps de lire"

    Nous reproduisons ci-dessous le texte publié par le comité permanent pour l'information et la communication de la Conférence des Evêques de France, à l'occasion des Journées chrétiennes de la communication, qui ont lieu du 1 au 7 février 2002.

    Les Écritures, sacrement de la Parole

    Le christianisme n’est pas une religion du livre mais une religion de la Parole. C’est Jésus Christ, le Verbe venu en ce monde, qui révèle l’homme à lui-même et le conduit à Dieu. Pourtant les livres de la bible (la biblia) tiennent une place majeure dans la structuration de la personne croyante. Ils apparaissent dès la première alliance (Ancien Testament) et, conservés par l’Eglise naissante, sont lus dans la lumière du Christ ressuscité. D’autres écrits sont élaborés par la génération des apôtres (Nouveau Testament). Ils ont accompagné la transmission de la foi, ont bénéficié des techniques de reproduction des textes et les ont parfois même provoquées (passage du rouleau au codex, du codex au livre…).
    Si le livre n’est jamais absolutisé, il est vénéré, médité et sa connaissance confère une autorité. Dans un rituel du troisième siècle, c’est la remise du livre qui « ordonne » le lecteur, et non pas l’imposition des mains. Preuve s’il en était besoin du statut très particulier du livre dans la vie chrétienne et dans la construction de la communauté authentique.

    Les livres, joyaux d’une tradition vivante

    D’ailleurs, au-delà des Ecritures saintes, les chrétiens, depuis les âges les plus reculés, n’ont pas cessé d’écrire. Pétris de culture biblique et issus de la culture grecque, ils ont cru à la force de l’écrit, à sa capacité de persuasion (cf. les Pères apologistes) au point d’accumuler des textes innombrables dès les tout premiers siècles de la vie chrétienne. Avant même que soit déterminée la liste des livres considérés comme « inspirés », ils ont rédigé des lettres, des exhortations, des prières, ils ont recueilli d’innombrables prédications sur des points de doctrine essentiels pour fixer la foi naissante. Au point que l’on a pu appeler du beau nom de « Pères de l’Eglise » ces écrivains innombrables qui ont contribué à exprimer la foi de l’Eglise, à la façonner, à inventer les concepts si nouveaux de personne ou de Trinité, concepts neufs et aujourd’hui si évidents que l’on n’en perçoit pas l’étrangeté et la puissance transformante dans la civilisation mondiale.
    Bien plus : très tôt les auteurs chrétiens ont eu conscience que chaque écrit valait pour lui-même dans la mesure où il était l’expression authentique de la foi. Ils ont donc procédé par accumulation, avec cette conviction forte que les livres ne s’annulent pas les uns les autres, qu’ils ne se remplacent pas mais qu’ils se complètent et s’enrichissent à l’infini.
    La lecture spirituelle, la recherche théologique, les études d’exégèse de l’Église d’aujourd’hui n’annulent pas les travaux précédents. Lire les œuvres qui nous viennent du passé, c’est accueillir une tradition vivante, c’est l’enrichir à notre tour de notre vivante participation.
    Notre société séculière vit, elle aussi, sur cet acquis et continue à penser que nous regardons le monde « juchés sur les épaules de ceux qui nous ont précédés » et bénéficiant de leur effort. Toute notre tradition culturelle et littéraire, celle qui a fait nos « humanités » vit sur ces présupposés qui sont directement hérités de la culture chrétienne du livre.

    Richesse de la lecture

    Et pourtant… Qu’en est-il aujourd’hui ? Avons-nous cette avidité de lecture qui caractérisait nos Pères dans la foi ? Et se retrouvait, naguère encore, chez les amateurs de littérature, même agnostiques ou franchement athées, mais toujours humanistes ? Peut-être. Mais nous savons que lire demande du temps et c’est la principale objection de tout chrétien contemporain. Prendre la décision de se donner le temps de lire, c’est organiser autrement son temps, introduire du nouveau dans la succession des heures. Par le livre, chacun peut se construire différemment des autres et accéder à une vie intérieure autonome, avec ses repères propres, sa géographie intime, son identité singulière.
    Lire, c’est rompre la monotonie des jours, c’est lutter contre l’usure du temps. Plonger dans un univers dépaysant, en prenant un livre, signifie se donner la joie de s’enrichir de ce que l’on découvre. Lire, c’est boire à une source qui ne s’épuise pas quand on s’en approche. Un livre peut prendre des couleurs nouvelles selon les moments ; il apporte des parfums capiteux qui montent à la tête ou descendent dans le cœur, selon les saisons, au rythme des désirs. Le livre est un objet étrange. Il se regarde, se jauge, se manipule, se pose, se retrouve. Une phrase est relue, un passage familier ou obscur est à nouveau déchiffré. Le livre vous attend si le temps manque.
    Mais le livre requiert pourtant un minimum de silence intérieur. Un retrait, une mise à part de ce qui importune. La lecture attend le moment opportun, mais elle impose des conditions particulières. Il faut la vouloir, comme on veut un bien précieux, c’est un choix mais aussi une richesse, celle du temps réservé. Dans ce temps réservé se révèle une part secrète qui n’appartient qu’à soi mais dont on peut communiquer quelque chose. Le livre est un cadeau que l’on s’offre à soi-même avant d’être un présent que l’on fait dans la simplicité d’une joie souriante. Offrir à quelqu’un d’autre un livre, c’est le faire entrer en complicité avec soi, c’est lui faire signe.

    Le livre, pivot d’une foi adulte

    La foi du charbonnier est à respecter et à saluer mais le charbonnier, pour bien accomplir son œuvre, doit lui aussi entrer dans l’intelligence de son métier. Croire, c’est adhérer en faisant à Dieu l’hommage de son intelligence. L’hommage, pas le sacrifice ! Comprendre, comparer, vibrer, chercher, découvrir, par la lecture, c’est honorer Dieu qui est le maître de toutes choses. Etre chrétien, c’est le devenir en s’enrichissant des apports des autres, en habitant la culture d’une époque. Par le livre, chaque chrétien peut se construire, devenir en somme « l’instituteur » de soi-même.
    Chacun constate combien dans sa vie professionnelle il ne peut se contenter de sa formation initiale, chacun trouve normal de se perfectionner en langues ou en logiciels et de dégager du temps de formation pour approfondir son métier et son savoir-faire. De même, ne serait-il pas normal de s'organiser pour approfondir sa foi et sa vie chrétiennes, notamment en se donnant des temps de lecture réguliers ?
    Ne pourrait-on pas souhaiter que chaque famille puisse faire progressivement l’acquisition de quelques livres essentiels qui seraient toujours disponibles pour ses membres, pour les amis qui passent, pour les personnes que l'on accompagne à un moment clé de leur vie ? Formation humaine personnelle, transmission des valeurs fondamentales, éveil à la foi et croissance dans la vie chrétienne, évangélisation, les livres - tous les livres - peuvent vraiment aider si l'on décide de s'en servir.
    Mise à part la question du temps, les objections à la lecture de livres sont nombreuses. Le désir de lecture, pourtant vif chez beaucoup, présente l’apparence d’un désir contrarié : « Je voudrais lire mais les livres sont chers ». « J’ai honte de prendre du temps pour lire en pensant à tous ceux qui sont dans la misère ». « J’ai envie de tout lire, tout m’intéresse, mais finalement, je ne sais pas quoi choisir ». « J’essaie de lire, mais je ne retiens rien, à quoi ça sert ? » La toute première démarche consiste à s’arrêter, à écouter en profondeur et en vérité son désir de lecture et à prendre des moyens simples pour y répondre.
    On prend facilement rendez-vous pour dîner avec des amis, pourquoi ne pas se donner régulièrement rendez-vous à soi-même pour une demi-heure de lecture ? Commencer par ce temps d’arrêt et durer dans la fidélité à ce temps changera certainement la face des autres objections, parce qu’il y aura eu expérimentation de la lecture pour elle-même.

    Le livre au risque des médias

    Un autre risque consiste à comparer, à assimiler le livre aux médias, définis comme « supports techniques de diffusion massive de l’information » ou comme « moyens d’expression transmettant un message à l’intention d’un groupe ». Comparer les mérites relatifs du livre, de la télévision ou de la radio relève d’une erreur de perspective culturelle, anthropologique et historique. L’histoire naît avec l’écriture, et avec elles la religion et son corps de doctrine, la culture et sa transmission. La notion même de civilisation et l’idée d’humanité sont inséparables de la naissance de l’écriture.
    Assimiler ou comparer le livre aux médias fait par ailleurs courir au livre un double risque. Tout d’abord celui d’être distancé par les moyens audiovisuels et électroniques, puisque ceux-ci privilégient la rapidité de l’information, la clarté immédiate et la cible la plus large possible de destinataires. Le livre devient alors le parent pauvre et vieillissant sur lequel on s’apitoie avec nostalgie. Avec mauvaise conscience aussi parce que l’on sait bien, au fond, quelle place il a tenu, quelle place il tient encore, et à quel point il est irremplaçable. Le deuxième risque que court le livre dans cette comparaison est d’être réduit au « livre pratique », au « livre-ressource » (encyclopédie, dictionnaire « réponse-à-tout ») ou, pire encore, au « moyen d’évangéliser ». Prétexte à engager le dialogue, le livre n’est plus qu’un support. Ou bien on lui demande d’être seulement efficace et facile. Mais tout savoir sur la Bible, apprendre à prier, connaître l’histoire de l’Église… cela devrait tenir, pour le lecteur pressé et pragmatique, en quatre pages !

    L’expérience littéraire, enjeu pour la foi commune

    Il s’agit donc de revenir au cœur de l’acte de lecture. Comme l’acte d’écriture, il relève de la secrète construction de la liberté intérieure. Inciter à lire les grandes œuvres du patrimoine, notamment du patrimoine chrétien ou de la spiritualité contemporaine, de façon « gratuite » relève d’une autre démarche que celle de la lecture documentaire ou de la recherche curieuse, qui saute d’un sujet à un autre. En communiquant avec d’autres cette expérience, en se faisant aider par des professionnels - libraires, bibliothécaires, professeurs - on découvrira peu à peu l’expérience littéraire comme « lieu théologique ». L’expérience littéraire est en effet l’un des terrains constants - mais peu fréquentés aujourd’hui - du dialogue entre les cultures et la tradition chrétienne.
    Il en est de la lecture comme de la multiplication des pains. L’appétit ne suffit pas, il faut encore donner quelque chose de soi (un pain, deux poissons… son temps, de l’attention) pour que le miracle ait lieu. Grégoire le Grand, au VIe siècle, s’émerveillait de ce que les textes lus « croissaient » avec l’esprit de celui qui les lisait. Il faut souhaiter à chacun aujourd’hui le même émerveillement.
    Paris, le 16 janvier 2002.
    Mgr Jean-Michel di FALCO-LÉANDRI, évêque auxiliaire de Paris, président du COPIC
    Mgr Georges PONTIER, évêque de La Rochelle et Saintes, vice-président de la Conférence des évêques de France.
    Mgr Jean-Charles DESCUBES, évêque d’Agen.
    Mgr Jacques PERRIER, évêque de Tarbes et Lourdes.
    Mgr Laurent ULRICH, archevêque de Chambéry, Maurienne et Tarentaise


    [1] Exhortation apostolique pour le Nouveau millénaire (§39).

    [2] Vie ch IV

    [3] Je veux voir Dieu, Ed du Carmel, p.196

    [4] Saint Augustin, les Confessions, Livre 8, chap 12.

    [5] Manuscrits autobiographique, Office Central de Lisieux p.226

    [6] Elisabeth de Miribel, Edith Stein, Ed du Seuil, p.59

    [7] Jo Croissant, La femme sacerdotale ou le sacerdoce du cœur, Ed des Béatitudes.

    [8] Le chemin de la Croix, Ephraïm, Ed des Béatitudes, 1988.

    [9] Ed Vida

    [10] Jean Paul II Exhortation apostolique pour le Nouveau Millénaire §39.

    [11] Certains sont gratuits comme l’Evangile de Saint Jean, Ed des Béatitudes, Burtin, 41600 Nouan-le-Fuzelier


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